Je vais briser un tabou !

 V ariantes : «J'ai brisé un tabou», «un tabou a été brisé», «qui brisera le tabou ?». Il existe cependant une limite à la chose : ces supposés tabous supposément brisés sont toujours les mêmes. En réalité, les véritables briseurs de tabous le font sans le dire tandis que les briseurs auto-proclamés se contentent de hurler avec la meute. Les deux derniers cas significatifs sont l'euthanasie et l'alliance du Parti socialiste avec le centre-droite (le MoDem en l'occurrence).

Les «briseurs de tabous» auto-proclamés sont de deux sortes : ceux qui ne font que répéter un discours assez répandu et souvent majoritaire – entendons-nous, majoritaire dans les médias et chez les personnes de pouvoir –, et ceux qui s'emparent d'une question en débat pour y mettre leur grain de sel sans y apporter une contribution pertinente mais plutôt en allant dans le sens du vent – du moins, d'un des vents dominants. Les deux cas cités sont me semble-t-il assez représentatifs des deux cas.

Les gens se disant de gauche, membres du PS ou proches de lui ou parlant en son nom avec plus ou moins de légitimité, reprennent un discours ressassé depuis une quinzaine d'années, après que le nouveau lieu commun selon lequel l'opposition gauche-droite n'est plus valide a commencé de devenir dominant, de «rapprochement entre les forces de progrès» (à comprendre comme «alliance entre “partis de gouvernement” au-delà des oppositions entre projets et dans une visée strictement électoraliste»). Il y a certes une différence en France entre l'état de ce discours avant et après 2004 : avant cela, ça restait un discours d'ordre général sans base solide ; depuis, la prise d'autonomie du «Mouvement démocrate» de François Bayrou d'avec l'UMP, plus le fait plusieurs États de l'Union européenne ont un «gouvernement d'union nationale» qui rassemble y compris sociaux-démocrates et formations très conservatrices, pour dire le moins (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Tchéquie, etc.) donna une apparence de réalisabilité à la chose. Non que ça ne puisse se faire, mais ça conduit à des coalitions au programme politique de centre-droite «social», en gros : démocrate-chrétien modéré[1].

Pour l'euthanasie ou (selon l'euphémisme qu'on préfère) «suicide assisté», «aide à la fin de vie» ou, summum des périphrases cauteleuses, «réponse aux demandes d'assistance des personnes en fin de vie», on a l'autre cas : la question est débattue de longue date et prit une importance certaine pour devenir récurrente puis persistante après 2002 et les premières lois encadrant sa pratique aux Pays-Bas et en Belgique. Prétendre que parler en 2008 dans un pays démocratique de la possible légalisation de l'euthanasie revient à «briser un tabou» n'a pas de sens autre que, pour ceux qui émettent cette sentence, se poser comme des esprits libres et affranchis de toute censure sociale. C'est proprement ce qu'on appelle péjorativement une «posture», litote qui pointe une imposture. Briser un tabou n'est pas un fait de parole, ça requiert une action.

Dans nos sociétés «développées» les tabous sont similaires à ceux d'Océanie : des objets de la réalité, des «idoles», qu'il s'agit bel et bien de rompre en vue de défaire le symbole qui y est attaché. Et comme dit, ça ne se fait pas avec des paroles. Ou du moins, quand de véritables briseurs de tabous le font, si c'est en paroles celles-ci doivent pouvoir déboucher sur un acte.


Pour reprendre le cas de l'euthanasie, les choses sont claires : en France, la chose est proscrite et punissable. En revanche, discuter de sa possible libéralisation ne l'est pas. Donc toute personne qui en parle de manière abstraite, même en ayant un discours radical sur le sujet, ne brise rien. Ce qui implique que les seules personnes qui brisent réellement ce tabou sont celles qui commettent l'acte ou qui, l'ayant fait ou non, affirment l'avoir commis. Celles-ci prennent le risque bien réel, en brisant l'idole, de se retrouver devant un tribunal et de subir les conséquences de leur transgression. Et bien sûr, le cas de personnes qui, en proposant le rapprochement entre centre-gauche et centre-droite, affirment ce faisant qu'elles «brisent un tabou», est encore plus clair : on ne risque rien en le disant et, le faisant, on risque au pire d'être sanctionné par les électeurs. Ce qui est dans l'ordre des choses : tout candidat à une élection prend le risque de dire ou faire une chose qui ne lui permettra pas de rassembler une majorité sur son nom ou sa liste.


[1] On le voit clairement en Allemagne : tant que le SPD suivit une ligne non réformiste, «gestionnaire», la CDU-CSU une ligne modérée, ça fonctionna bien ; depuis quelques mois, sous la pression opposée du Linkspartei à gauche, de la DVU et du NPD à droite, chaque partie de la coalition est revenue (du moins en discours) à ses fondamentaux, ce qui crée de fortes tensions au sein du gouvernement et fait craindre à certains des élections anticipées.

Fonctionnaires : l'Europe brise le tabou des salaires

Article paru dans l'édition du 08.03.09

Irlande, Lettonie et Hongrie réduisent les traitements du secteur public
Le FMI exige une baisse des dépenses des Etats auxquels il vient en aide

 F rappés par la crise et obligés de satisfaire aux exigences de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), plusieurs pays européens ont entrepris de réduire les salaires des fonctionnaires. C'est le cas de l'Irlande, de la Lettonie et de la Hongrie. Et bientôt peut-être le tour de la Roumanie.

Les réactions étaient inévitables. A Dublin, 120 000 personnes ont défilé pour protester contre la décision du gouvernement de réduire de plus de 7 % les traitements dans la fonction publique, sous la forme d'un prélèvement destiné à financer les retraites. En Lettonie, cette crise d'austérité a provoqué la chute du gouvernement.

Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, encourage ces baisses de traitements, nécessaires, selon lui, à la compétitivité des pays en difficulté. De même, le FMI conditionne son aide à la réduction des dépenses de la fonction publique. Ces sacrifices ne sont pas à l'ordre du jour en Allemagne et en France, à l'heure où les pouvoirs publics octroient des sommes très substantielles aux banques.

Dans une interview au Monde publiée le 4 mars, le ministre du budget, Eric Woerth, avait indiqué que le pouvoir d'achat des fonctionnaires «augmentera probablement assez fortement en 2009».
Lire page 7






Face à la crise, plusieurs pays réduisent les salaires de leurs fonctionnaires

LE MONDE | 07.03.09 | 14h02 ♦ Mis à jour le 07.03.09 | 14h02
Bruxelles Bureau européen

 C' est une mesure qui semble s'imposer dans les pays frappés de plein fouet par la crise : plusieurs gouvernements européens ont entrepris de réduire les salaires de leurs fonctionnaires, afin d'assainir leurs finances publiques, voire d'éviter un défaut de paiement.

En Irlande, le premier ministre Brian Cowen a décidé le 3 février, contre l'avis des syndicats, de réduire de plus de 7 % le traitement dans la fonction publique, par le biais d'un prélèvement destiné à financer les retraites.

La Lettonie a imposé de son côté en janvier une baisse de 15 % des revenus de ses fonctionnaires, dans le cadre du soutien apporté par le Fonds monétaire international (FMI), et l'Union européenne. Sous perfusion internationale elle aussi, la Hongrie a supprimé le treizième mois dans la fonction publique. La Roumanie pourrait être obligée de faire de même si le FMI et les Vingt-Sept volent à son secours dans les prochaines semaines.

Le phénomène pourrait faire tache d'huile si la crise s'aggrave encore, en dehors comme au sein de la zone euro. Lors d'une récente visite à Dublin, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a appelé les gouvernements "à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public". Pour lui, l'Irlande, et tous les pays de la zone euro qui ont connu une expansion rapide ces dernières années, ont intérêt à réduire les salaires, afin de regagner en compétitivité, sans vivre au-dessus de leurs moyens. "L'accumulation de pertes relatives de compétitivité et de déséquilibres domestiques nécessite, à un certain moment, d'être corrigée", selon M. Trichet.

Le raisonnement est le même pour les pays hors de la zone euro, qui ont connu un rattrapage économique spectaculaire ces dernières années, sans trop se soucier de l'inflation, de leurs déficits, ou de la création de bulles immobilières. En accord avec les autorités européennes, la réduction des dépenses de la fonction publique figure parmi les principales demandes du FMI quand il prête de l'argent aux pays aux abois. Cette cure d'austérité promise aux agents du secteur public explique d'ailleurs en partie les réticences de certains gouvernements d'Europe centrale à frapper à la porte du FMI. "La Pologne a fait appel à lui lors de la transition, voici vingt ans, mais c'est presque inimaginable aujourd'hui, tant les exigences du fonds seraient impopulaires", explique un responsable polonais.

La baisse des salaires dans la fonction publique est en effet de nature à alimenter la grogne sociale. A Dublin, 120 000 manifestants - un record - ont protesté le 21 février contre la décision du gouvernement de rogner les traitements publics, alors que le déficit irlandais devrait frôler les 10 % du PIB cette année.

En Lettonie, le plan d'austérité a entraîné la chute du gouvernement, après de violentes manifestations à Riga.

Dans plusieurs pays dont la situation est meilleure, comme la France et l'Allemagne, de telles mesures sont difficiles à imaginer à l'heure où les autorités engagent des dizaines de milliards d'euros pour assurer la survie du secteur bancaire.

Mais les syndicats de fonctionnaires, qui demandent au contraire d'augmenter le pouvoir d'achat pour soutenir la consommation, sont sur leurs gardes : "Les gouvernements considèrent les services publics comme des boucs émissaires faciles, alors qu'ils ne sont pas responsables de la crise", estime Jan Willen Goudriaan, secrétaire général adjoint de la FSESP, la Fédération syndicale européenne des services publics. "Le moment est mal choisi, car on impose des coupes dans le secteur public au moment où on en a plus que jamais besoin pour investir et stabiliser l'économie", ajoute-t-il.

Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 08.03.09.



Les réactions de nos abonnés


♦ Jean M. ♦ 07.03.09 | 14h28
Je propose une diminution de 15% des traitements de nos élus et de leurs avantages en nature.
♦ GEORGES D. ♦ 07.03.09 | 14h38
Je suis volontaire pour renoncer à mon treizième,quatorzième et quinzième mois qui n'ont jamais existé que virtuellement.En compensation je demande à mon employeur de renoncer aux 10 heures supp.(bien réelles)que je fais par semaine pour lesquelles je ne suis ni payé ni compensé ni remercié...
♦ Julien O. ♦ 07.03.09 | 14h43
Heureusement, la France reste loin de ça ! La fonction publique la prolifique d'Europe, malheureuse et reine des grèves est bien cramponnée, avec l'appui des élus de tous bords s'occupant chacun de sa feuille du caricatural mille feuille administratif français. Et dire qu'en plus on est les seuls à avoir gardé des îles lointaines ruineuses, pas plus heureuses et qui réclament plus ! On a réduit et plafonné les impôts des riches, les pauvres n'en payent pas, les mêmes vont payer, payer.. et voter
♦ Jean-Jacques C. ♦ 07.03.09 | 15h19
Il n'y aurait donc que dans notre douce France que l'inflation de la masse salariale de la fonction publique soit une fatalité ?
♦ sserge ♦ 07.03.09 | 15h33
Quand on sait quel est le montant des traitements des fonctionnaires dans la plupart des pays cités, source principale de la corruption es fonctionnaires, on ne peut qu'être surpris et inquiet pour l'avenir. Autre question, puisqu'il est favorable à cette mesure, Jean-Claude Trichet diminue-t-il son salaire ?
♦ Alain P. ♦ 07.03.09 | 15h57
Avant de s'attaquer aux fonctionnaires, il me semble que le président de la république, les ministres, députés et sénateurs ainsi que les banquiers et autrs vautours du profit pourraient montrer l'exemple!
♦ François D. ♦ 07.03.09 | 16h11
Le FMI semble planer au dessus du tourbillons des conséquences sociales et politiques qu'il provoque, avec des recettes qui ont provoqué la faillite de l'Argentine il y a quelques années. Tout cela démontre une pensée sclérosée qui ne parvient pas à s'affranchir de dogmes néolibéraux. Pourtant en favorisant la consommation et en préservant un efficace outil d'action, via la fonction publique, ces Etats auraient d'autres solutions sans doute plus efficaces et moins iniques.
♦ LIONEL P. ♦ 07.03.09 | 16h16
Evident, non? Les idéologues sont encore plus têtus que les faits, surtout quand leur credo leur permet de maintenir leurs marges de manoeuvre personnelles. Donc, récapitulons: on a baissé impôts et charges pour les entreprises et les plus riches. Ceux-ci possèdent la part la plus grosse du gâteau. Après avoir appauvri et précarisé les salariés du privé, on peut utiliser la crise pour en finir avec la fonction publique. En Irlande, le dumping fiscal n'a pas fait de miracle. Bravo au FMI DE DSK!
♦ Sergedago ♦ 07.03.09 | 18h07
1935, Laval décide de diminuer les dépenses publiques de 10% (dont les salaires des fonctionnaires).. devinez la suite. La déflation salariale comme remède à la crise.. Bravo !
♦ LIONEL P. ♦ 07.03.09 | 18h50
Le Monde titre: "Fonctionnaires: l'Europe brise le tabou des salaires"...Cette titraille mérite d'être interrogée. Quel tabou? Le montant des rémunérations? Le fait qu'un statut protège les salariés de la fonction publique, en France, de ce dont souffrent les salariés du privé? Le pouvoir d'achat des fonctionnaires a baissé. Cela ne suffit pas. L'Etat recrute des contractuels et veut en augmenter le nombre. Des profs à 8.50 €/h, c'est le souhait de N.S. et de X.D. Précarité pour tous: un credo.
♦ DOMINIQUE M. ♦ 07.03.09 | 19h55
Grâce à l'inimitable (et inimitée) "exception française", nos inombrables fonctionnaires n'ont aucun souci à se faire, eux ils seront augmentés ... jusqu'à ce que le pays soit en faillite !
♦ CHRISTIAN T. ♦ 07.03.09 | 20h33
...et les syndicats de la fonction publique demandent plus de fonctionnaires mieux payés. Seuls les Français qui travaillent pour produire des biens solvables sont touchés par la crise, ils en prennent plein la g... Le jour où il n'y aura plus que des enseignants, des médecins, des militaires, des notaires, des experts comptables et des postiers comment feront-ils pour faire pousser du blé, fabriquer des airbus, produire de l'électricité et trouver l'argent de leurs salaires
♦ didier c. ♦ 07.03.09 | 20h57
La plupart des fonctionnaires pourraient très bien comprendre une baisse de revenus de 5 à 10 % on pourrait aussi supprimer les primes pour tous les fonctionnaires (et reverser les primes des fonctionnaires dans les DOM TOM aux vrais pauvres là bas) Une autre idée pour faire des économies : les 800 000 enseignants peuvent enseigner 2 h de + par semaine soit 20 h en formant alors des demandeurs d'emplois et des jeunes sans qualification (qui en sont bien là à cause des errements de l'EN)
♦ DH. ♦ 07.03.09 | 21h01
Quand les hordes affamées des chômeurs rejoindront les fonctionnaires dans le même état de rage,les politiques protecteurs de ceux qui ont amené le monde entier dans la crise regretteront leurs atermoiements divers et variés.Aucun promoteur de la crise n'est sous les verrous!Même pas Madoff!Mais les plus mal lotis doivent payer! ne confondez pas fonctionnaires et élus!
♦ Dieterdieter ♦ 07.03.09 | 22h06
Le terme fonctionnaire recouvre une mosaïque de situations. La France avec son mille feuilles débile multiplie élus et fonctionnaires, ruineux. A côté des secteurs en sous-effectif, d'autres avec assez de monde pour doubler les guichets et rendre fous le chômeur ou le contribuable. Une garantie d'emploi contre un salaire peu élevé. Ne pas baisser ce salaire ! Mais répartir, dégraisser, moderniser. Les syndicats s'y opposent farouchement, élus par les fonctionnaires faisant leur propre malheur..
♦ Marie Claude R. ♦ 07.03.09 | 22h37
Y a pas à dire, les spéculateurs et les banquiers ont la belle vie. Ils mettent l'économie mondiale en faillite et ce sont les autres qui paient. Il y en a même qui trouvent cela normal. Très fort !
♦ Proudhon ♦ 07.03.09 | 22h38
Pour les fonctionnaires, de gauche majoritairement, ne serait-ce pas le moment de montrer concrètement aux victimes de la crise ce qu'est la solidarité socialiste et le partage des ressources? Je te donne ma semaine de ski puisque tu perds ton emploi... Il est vrai que nous en connaissons beaucoup, capitalistes rapidement improvisés, qui se réjouissaient il y a peu des superbénéfices qu'ils se promettaient grâce à l'aubaine de la hausse des prix de leur maison!
♦ HENRI G. ♦ 07.03.09 | 23h01
C'est la différence entre un petit pays et un grand pays considéré comme solvable. Ce dernier peut s'endetter et faire de la relance alors que le premier est obligé de pratiquer une politique d'austérité dés l'amorce des premières difficultées (En 1935 la France n'étant plus solvable Laval a dû s'engager dans une politique d'austérité. Le front populaire tenta de sortir de cette austérité mais fut rattrapé par une hyper inflation et une rechute dans la dépression).
♦ Pas glop ♦ 07.03.09 | 23h57
Les collectivités locales françaises en difficulté financière ont déjà commencé à bloquer les promotions, les embauches, à mettre fin aux CDD, à réduire le régime indemnitaire des agents... Par contre les indemnités des élus locaux ne sont pas concernées!
♦ Merle observant ♦ 08.03.09 | 01h51
En France on fait encore l'INVERSE puisqu'on a fonctionnarisé les trois quarts de la population guadeloupéenne alors que ces iles ultra lointaines n'ont rien à voir avec les contraintes européennes. Par ailleurs, en Europe de l'Est (Hongrie), il est normal que ces pays qui ont demandé des dizaines de milliards d'€ au FMI diminuent leur train de vie : ces énormes quantités d'argent représentent l'excès de train de vie dans lequel ils étaient ou sont encore.
♦ Aralien ♦ 08.03.09 | 07h52
On nous avait dit que les erreurs commises lors de la crise de 1929 ne seraient pas renouvelées et qu'ainsi la crise de 2009 serait moins grave. On a commencé à recopier ce qui s'était produit dans cette période.
♦ Sofiane H. ♦ 08.03.09 | 09h23
Les enseignants français n'ont pas de treizième mois et soignent leur dépression larvée pendant l'été : la faute du collège unique, des 85% d'une classe d'âge "réussissant" le baccalauréat, des problèmes sociaux dont on se débarrasse en les confiant à l'Education Nationale. Si le salaire des agrégés est acceptable, celui des certifiés est bien en deçà du travail effectivement fourni. Ce n'est pas à eux qu'ils faut s'en prendre.
♦ andre l. ♦ 08.03.09 | 09h29
Diminuer le salaires des fonctionnaires, pourquoi pas... mais seulement ceux des très hauts fonctionnaires qui constituent une "caste" guère différente de ce qui existait avant la révolution française. De nouvelles castes en remplacent d'autres mais certains pays font quand meme mieux que nous, quelques pays nordiques par exemple. Quoique en disent certains l'esprit service public est nécessaire; il faut dénoncer certains avantages abusifs... mais pas chez les "petits" fonctionnaires.
♦ Guy L. ♦ 08.03.09 | 09h39
Il faut saluer les articles sortants des sentiers battus franco-français. Après c'est aux lecteurs d'accepter les réalités d'ailleurs...
♦ Louis A. ♦ 08.03.09 | 09h46
Tous ces gens qui appellent "à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public" et qui sont eux-mêmes protégés financièrement jusqu'à la 10 eme génération, qui ont une responsabilité écrasante dans la crise actuelle, qui sont renfloués jusqu'à plus soif d'argent public et qui ont bénéficié de réductions massives d'impôts depuis 30 ans me donnent la nausée.
♦ EXTRAORDINAIRE !!! ♦ 08.03.09 | 09h48
Extraordinaire ! Des banquiers, grands patrons, traders, golden boys en tous genres qui se sont goinfrés sur le dos de la planète pendant des décennies et nous ont conduits dans cet abîme, aucun n'est en taule... Tous les Etats leur attribuent des centaines de milliards pour les sauver et au bout du bout... on va réduire les salaires des fonctionnaires ! Mais tant que cela peut en réjouir certains (voir 'didier c.') pourquoi se priver de cette misérable farce ?
♦ 08.03.09 | 09h59
Bah oui ! Ce sont bien les infirmières sous-payées, les agents des transports publics agressés, les profs de lycées professionnels harcelés, etc. qui ont conduit la planète dans cette catastrophe non ? Alors ils doivent payer ! Pourquoi voudriez vous vous en prendre aux traders, golden boys, spéculateurs, big boss, Kerviel et autres Madof ? Hein ? pourquoi ? je vous le demande ! Pronostic pour demain : un bon cocktail de Juin 36 + Mai 68 + NOVEMBRE 2005 !! "Bonne chance mon Papa !"
♦ Véronique Derome ♦ 08.03.09 | 10h06
Une suggestion en termes de réduction de salaire des fonctionnaires: ceux des fonctionnaires européens, par ailleurs pléthoriques, ou des fonctionnaires internationaux comme de l'OCDE, par ailleurs inutiles, ceux du Sénat, par ailleurs pléthoriques et aux primes et avantages de castes exorbitants, ceux des sénateurs (no comment tant c'est évident!)... ça en fait déjà du monde!!!
alexandre.c@orange.fr
♦ Alexandre C. ♦ 08.03.09 | 10h17
Le "contrat moral" de la Fonction Publique, c'est, en schématisant, salaire inférieur à l'équivalent privé en contrepartie d'une stabilité garantie. Cette stabilité est écornée par les dispositions sur la "mobilité", l'autonomie des universités, la réforme à venir des hôpitaux, etc. Dans la mesure où on diminue la stabilité, il me semble que le deuxième terme du "contrat moral" (le salaire) doit être au contraire revu à la hausse, difficile sinon de faire accepter le contrat...
♦ daniellouis ♦ 08.03.09 | 11h06
Ce ne sont pas les fonctionnaires pris individuellement qui portent la responsabilité de leur poids dans l'économie en France. Ce sont les politiques qui ont laissé, par laxisme depuis 1958, et tous gouvernements confondus, se multiplier le nombre des fonctionnaires de tout poil. Avec 40 % de fontionnaires en moins, au prorata de la population, je ne sache pas que l'Allemagne ou l'Italie soient moins bien administrées que la France !! Alors : revoir les missions et rationaliser.
♦ Rica ♦ 08.03.09 | 12h11
Ce titre doit provoquer une réaction de joie plus ou moins malsaine chez les anti-fonctionnaires primaires. Mais en France le problème ne se pose pas en ces termes : il s'agit simplement d'adapter les effectifs aux besoins et de rationnaliser et coordonner les différentes couches administratives qui parfois prolifèrent de façon anarchique. Le fonctionnaire "de base" n'est pas en cause.
♦ Dubonsens ♦ 08.03.09 | 13h22
Que les sommets de l'Etat et des entreprises montrent l'exemple ! Cela fait quelques décennies que les "dirigeants" ont oublié que leur devoir, c'est d'abord l'exemplarité : cette absence d'exemplarité est un manque patent de compétences des responsables politiques comme de la technostructure. Dans une période de privations (liée à une réorientation inéluctable du système productiviste), il faudrait qu'ils le comprennent. Sinon le peuple va se faire entendre...
♦ Christiane D. ♦ 08.03.09 | 13h47
Si Brown a décidé de prélevé 7% sur les salaires pour financer les retraites, cela veut dire qu'il TENTE de préserver les rentes de ceux qui avaient des économies dans des fonds de pension, massivement placées en Bourse... et lessivées ! Les Anglophones cotisent une retraite principalement à travers ces fonds. Ainsi, Brown redonne du poids à la répartition (stabiité sociale). En 90, Thatcher, avait sabré les rentes de moitié ! J'aimerais voir la têtes des Français s'il leur arrive la même chose.
♦ CHRISTIAN T. ♦ 08.03.09 | 17h41
Deux catégories sont inconscientes. Les super-riches qui ne se doutent pas que leur exemple est délétère et les protégés qui croient qu'un statut protège. Pendant que les 5 millions de ménages véritablement exposés se préparent au pire, les 10000 très riches continuent à aller passer le WE à Marbella et les 5 millions de protégés demandent un peu plus comme les millions de retraités. L'urgence n'est pas le sort des infirmières, des instits et des retraité,ils sont logés et peuvent manger bio.
♦ GURA4316 ♦ 08.03.09 | 19h05
Décidèment, les libéraux sont incurables! Ils ont foutu par terre l'économie en la transformant en casino sans omettre de s'attribuer une bonne partie des gains. Et puis, lorqu'arrive le temps de la facture, ils la renvoient à leurs têtes de turc favorites: Les fonctionnaires, ces ringards, incapables de comprendre l'économie moderne et de créer la vraie richesse comme les banquiers géniaux. Le réalisme c'est de se débarrasser dès que possible de ces donneurs de leçons aussi rapaces que nuls.
♦ MARC L. ♦ 08.03.09 | 19h34
Donc résumons-nous:soit une crise économique provoquée par la folie financière des banques et le développement massif des inégalités le tout fortement poussé par des institutions internationales comme le FMI qui prêtait aux pays acceptant de diminuer la protection sociale pour enrichir les riches et développer l'économie.La crise explose prouvant l'inanité de cette politique et le FMI n'a qu'une solution appauvrir les couches moyennes fonctionnaires.Il faut sortir ces gens-là:ils sont dangereux!
♦ Philippe C. ♦ 08.03.09 | 20h18
On pourait réduire la cadeau à Tapie (390.000.000 €) et prendre quelques milliards aux milliardaires ? Des Milliards pour les banques et les riches que l'on va prendre sur les pauvres ... un comble ! LA colère va finir par se transformer en Rage destructrice avec raison !!
♦ andromede ♦ 08.03.09 | 21h54
rappelons nous l'Histoire et les tentatives des années 30 qui ont précipité l'Europe dans le populisme faciste. Les fonctionnaires sont l'otage des pouvoirs publics mais est ce bien raisonnable et "sensé" de prôner de telles mesures quand d'autres voudraient relancer la consommation ?
♦ VISITEUR DU SOIR ♦ 09.03.09 | 02h35
l'Allemagne ou l'Italie soient moins bien administrées que la France !! Independament des questions de chiffres pour les besoins de la cause qu'il faudrait analyser autrement qu'à travers Baverez ,Sorman Marseille etc vous lisez bien vite le Monde :Titre l'Allemagne éprouve les plus grandes difficultés à recruter des enseignants!Quant à l'Italie? Les effectifs pléthoriques aux hauts niveaux des "services":Banques,Assurances,Pub,Com,Commerce,Marketing etc plombent notre économie !
♦ thierry c. ♦ 09.03.09 | 07h51
Ah depuis le temps qu'on cherche un bon moyen de punir les fonctionnaires ! Ben voilà, si d'autres pays que le notre sont capables de baisser les salaires dans la fonction publique, alors, pourquoi pas nous ? Au fond, c'est peut être une bonne idée, si on veut se débarrasser des agents de la fonction publique. Mais attention quand même : Si les meilleurs partent, çà n'est pas seulement financièrement que la fonction publique s'appauvrira. Et celà aura de graves conséquences à long terme.
♦ JUAN H. ♦ 09.03.09 | 08h43
Alors que les responsables de la catastrophe courent toujours... attendant patiemment, à l'abri des paradis fiscaux et des comptes à secret bancaire, que tout reparte... Toutes ces mesures s'ajoutant à toutes celles, plus antisociales les unes que les autres, dirigées contre les victimes encore plus nombreuses à venir, de la CRISE d'un SYSTÈME qui se mord la queue... ne font que raviver la braise de l'«esprit de lutte de classes»... efficacement étouffé, jusqu’ici, par l'agit-prop néolibérale...
♦ Philippe R. ♦ 09.03.09 | 09h52
C est une tres tres mauvaise idee ! Nous devons accepter l aggravation des deficites. et quand tout sera d aplomb, que la croissance sera de retour, le secteur financier DEVRA payer la note !! En gros les MD de benef des banques et autres etablissements financiers iront PRIORITAIREMENT et DE DROIT aux états pour se desendéter et ensuite aux actionnaires ! Mais l idee qui est de faire payer direct au peuple sous forme de diminution de salaire, c est la revolution pour bientot assuree !
♦ Wanatoctoumi ♦ 09.03.09 | 11h30
Avant de penser à priver les travailleurs d'une partie de leurs revenus ("valeur travail" pas morte !), il faudrait commencer par priver de revenus ceux qui se contentent de s'enrichir en ne faisant rien que regarder les cours de la bourse. Les entreprises n'ont qu'a présenter des comptes avec DIVIDENDE=0 ! Ainsi nous aurons au moins une chance de voir l'argent s'investir utilement dans l'autofinancement (au lieu de réclamer du fric à l'Etat pour rémunérer les actionnaires oisifs)
♦ Hervé D. ♦ 09.03.09 | 13h44
Personne ne baissera le salaire des fonctionnaires en France: 90% de la classe politique française tous partis confondus est issue de la fonction publique. Les 70% de la population active employés du privé peuvent se contenter de 10% des députés.
♦ 09.03.09 | 13h45
Super ! Quand l'économie tourne, on n'augmente pas les fonctionnaires, car on leur dit que le service publique c'est "archaïque" et que les pays "modernes" (Irlande, R-U, pays de l'Est) peuvent s'en passer. Quand l'économie va mal, on baisse les salaires des fonctionnaires, qui continuent d'assurer les services fondamentaux, pour pouvoir éponger les dettes et autres malversations du secteur privé ! Vous ne nous prendriez pas pour des c...., par hazard ?
♦ NicolasMontreLaVoie ♦ 09.03.09 | 13h48
En France, on pourrait commencer par réduire le salaire du "Premier Fonctionnaire" ? Pas vrai ?
FonctionnaireEtMécontent
♦ Philippe G. ♦ 09.03.09 | 14h16
En France il serait de respecter l'égalité de traitement en appliquant les mêmes prélèvements sociaux (cotisations retraite et assurance maladie) à la fonction publique que ceux du secteur privé. L'économie pour l'Etat serait énorme quand on sait qu'aujourd'hui les retraites des fonctionnaires sont financées par l'emprunt!
♦ martine b. ♦ 09.03.09 | 17h11
en france on s'en prend aux fonctionnaires et les patrons et les banquiers ils se marrent et empochent le fric
♦ g.b ♦ 09.03.09 | 17h29
Mais comment peut-on présenter ces coupes dans les salaires comme l'unique solution ? Et surtout comment se fait-il que le FMI continue de prôner une diminution des dépenses publiques. Pour éviter un trop gros déficit, on peut aussi augmenter les recettes publiques non ? Ces gens-là ont l'air de l'oublier. A moins qu'il ne faille pas trop embêter les plus riches en leur prenant un peu plus d'impôts. ce serait bien de socialiser les profits un peu aussi.
♦ Guy D. ♦ 09.03.09 | 17h30
Bien d'accord avec le constat de Hervé D et c'est bien dommage de ne pas baisser les salaires et retraites des hauts fonctionnaires et même largement. Par contre, il n'y a pas lieu de réduire les trop bas salaires de la majorité des fonctionnaires "de terrain" qui gagnent peu et rendent d'importants services. D'accord aussi avec Philippe G. Mêmes contisations pour tous y compris pour l'assurance chomage
♦ HENRY M. ♦ 09.03.09 | 17h35
Il n'y a que sur l'assurance chomage que les cotisations sont différentes dans le public et le privé. En France, les fonctionnaires cadres sont bien moins payés que dans le privé, et on voudrait diminuer leurs salaires!!! Il serait bien de réfléchir avant d'agir. Pour renflouer les caisses, commencons par taxer le capital à la hauteur du travail.
♦ frédéric T. ♦ 09.03.09 | 17h58
"Les 70% de la population active employés du privé peuvent se contenter de 10% des députés" ? Il y a une cinquantaine de députés qui sont médecins, soit près de 7 à 8 %. Voulez-vous donc dire que 70 % de la population française est composée principalement de médecins ? Non, n'est-ce pas, puisqu'il y a aussi un grand nombre d'avocats, d'industriels à l'assemblée... Par contre, des ouvriers et des petits employés, il y en a peu en effet. Si vous en voulez, votez PCF ou NPA !
♦ CAROLE G. ♦ 09.03.09 | 18h16
Egalité de traitement veut dire aussi égalité de revenus à qualification équivalente : pas sûr que l'Etat y retrouve ses petits sous. Quand donc, plippe G, les Français arrêteront-ils de regarder les problèmes par le petit bout de la lorgnette?
♦ PB ♦ 09.03.09 | 18h32
mais rien sûr... et si on tapait plutôt chez ceux qui se sont engraissés ? par exemple, au contraire du paquet cadeau de sarko 1er à ses potes milliardaires héréditaires,si on taxait à 100 % les très grosses successions, par exemple au dessus de qques millions d'euros ? pas très pénalisant, et ça rapporterait vraiment gros - et de plus ça encouragerait les très riches à dépenser au lieu de thésauriser, et leurs enfants à bosser au lieu d'attender le pactole !!
♦ P ♦ 09.03.09 | 19h28
http://www.grevegenerale.com/
♦ PHI ♦ 09.03.09 | 19h30
Tout le monde,le bon peuple, sauf les véritables responsables payent la crise. C'est vraiment scandaleux. Ils cherchent vraiment la guerre civile?
♦ jojo+ ♦ 09.03.09 | 22h08
Il faudrait comparer le montant des salaires des fonctionnaires dans les différents pays, en tenant compte des métiers, des autres avantages, des salaires privés, etc. A défaut on ne peut juger. Globalement il s'agit d'une politique de déflation, toujours présentée de façon négative dans les livres d'histoire, non seulement parce que c'est Pierre Laval qui l'a pratiquée comme président du Conseil de la IIIème en 1935, mais surtout parce que ça joue en sens inverse de la relance recherchée
♦ jacklittle ♦ 10.03.09 | 11h01
Réalisme:les 3 pays concernés ne sont pas très significatifs pour diverses spécificités propres à leur économie.Néanmoins,il est curieux que nul ne mentionne que ces mesures sont totalement inédites en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.Des mesures de blocages,oui,de baisses,NON.Nous serions là dans une perspective inédite,dont nul ne pourrait prévoir les répercussion sociales.Attention aux apprentis sorciers qui en règle générale sont très loin d'être concernés car privilégiés.





Eric Woerth : "Le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera"

LE MONDE | 03.03.09 | 15h00  •  Mis à jour le 03.03.09 | 15h00

À l'issue de rencontres bilatérales avec les syndicats de fonctionnaires, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, leur a soumis, mardi 3 mars, des propositions. Il a fait état d'une augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, a proposé d'étendre la rémunération au mérite et a maintenu ses objectifs en terme d'emploi. Les syndicats, pour leur part, se mobilisent en vue de la journée d'action du jeudi 19 mars.

 V ous avez reçu ensemble les syndicats de la fonction publique. Qu'aviez-vous à leur dire ?

Les Français sont inquiets pour leur pouvoir d'achat et pour l'emploi. Le climat social dans la fonction publique n'est pas dissociable du climat général : il n'est pas facile.

Néanmoins, le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera probablement assez fortement en 2009 : malgré une inflation basse (+ 0,4%), nous proposons toujours de revaloriser le point d'indice de 0,8 % (+ 0,5% en juillet et + 0,3 % en octobre). En plus de cela, nous allons verser 513 millions d'euros de mesures catégorielles et consacrer, comme chaque année, 1,6 milliard aux progressions automatiques de carrière.

Les syndicats jugent cela insuffisant...

Compte tenu des circonstances et de l'inquiétude générale, j'ai décidé, en plus, de maintenir ouvert cette année le dispositif de garantie individuelle de pouvoir d'achat (GIPA), qui ne devait fonctionner à nouveau qu'en 2011. Plus de 300 000 fonctionnaires en ont bénéficié en 2008. On leur a versé en moyenne 700 euros.

Où en êtes-vous de la revalorisation des grilles des agents de catégorie B qui représentent le tiers des fonctionnaires ?

J'espère que nous pourrons conclure, à la mi-avril, cette négociation avec les quatre signataires (UNSA, CFTC, CFE-CGC, CFDT) des accords salariaux de février 2008.

La revalorisation envisagée, qui coûtera une centaine de millions d'euros, permettra d'améliorer le déroulement de carrière de ces agents. La GIPA perdra ainsi de sa raison d'être. Le même travail sera engagé pour les fonctionnaires de catégorie A au second semestre. Il a déjà été fait sur les C. D'ici à 2012, nous aurons amélioré les grilles de tous les fonctionnaires.

Pensez-vous étendre la rémunération au mérite ?

Oui. Nous avons créé chez les 25 000 attachés une prime de fonction et de résultats, liée aux caractéristiques du poste et à l'engagement personnel.

Nous allons aller plus loin. Je pense qu'il faut l'étendre à tous les agents de catégorie A, hors enseignants, et à une petite partie des B. Par ailleurs, nous allons développer l'intéressement collectif, actuellement circonscrit à quelques ministères.

Maintenez-vous la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ?

C'est toujours notre objectif. Nous n'allons pas remplacer 30 600 départs cette année et poursuivrons en 2010 dans la même direction, sachant que l'éducation nationale en est à 35 % de départs non remplacés, qu'il n'y aura pas d'emplois supprimés en 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, mais que d'autres ministères avancent plus vite.

Les syndicats nous demandent de renoncer à ces suppressions de postes, à tout le moins de les geler. Mais substituer de l'emploi public à un emploi privé défaillant n'est pas une réponse adaptée à la crise et nous interdirait d'assainir nos comptes publics. Aucun plan de relance en Europe n'y a recours.

Comment ramènerez-vous le déficit public en dessous de 3 % du PIB en 2012, alors que le collectif budgétaire présenté mercredi 4 mars prévoit qu'il atteindra 5,5 % cette année ?

Cet objectif n'est pas hors d'atteinte. Il implique que nous conduisions un effort de redressement sans précédent, que la situation économique ne s'aggrave pas et, bien sûr, que la croissance ne demeure pas durablement faible.

Propos recueillis par Claire Guélaud
Article paru dans l'édition du 04.03.09.



Les réactions de nos abonnés


♦ Lucide ♦ 03.03.09 | 15h16
Le modèle allemand résiste plutôt bien à la crise, par opposition au modèle espagnol (16,5% de chômeurs). Pourquoi? Parce que le système éducatif allemand a investi massivement dans la formation technologique, c'est-à-dire dans l'économie réelle par opposition à l'économie virtuelle. Crise ou pas crise, on aura toujours besoin de plombiers, d'électriciens, de chauffagistes etc. En Espagne, on a privilégié la relance par la consommation de biens électroniques et ménagers qui enrichissent l'Asie.
♦ ernest M. ♦ 03.03.09 | 15h25
Et celui de ma maîgre retraite, non revalorisé depuis deux ans, a beaucoup baissé!GGGGRRRR!
♦ CHRISTIAN T. ♦ 03.03.09 | 15h51
Le partage commence bien.
♦ Michelle B. ♦ 03.03.09 | 16h22
Euh... il augmentera QUAND? Et de COMBIEN? Et le pouvoir d'achat des fonctionnaires retraités, il en pense quoi Woerth? Y pense-t-il seulement?
♦ Jean-Claude P. ♦ 03.03.09 | 16h39
La "rémunération au mérite" est une idée séduisante. Mais dans ce cas le "mérite" ne se comprend pas comme le travail fait ou le service rendu à la Nation. Il s'agit de l'aptitude à plaire à ses chefs et à exécuter la politique partisane de l'équipe (de droite ou de gauche) au pouvoir en faveur de sa clientèle. Rien à voir avec le "mérite". Et la "note de gueule" pour fixer les primes existe depuis longtemps. Merci en tout cas pour la GIPA, que je ne suis pas sûr d'avoir... méritée.
♦ Cls ♦ 03.03.09 | 16h49
paroles, paroles, paroles rien que des promesses. M. le ministre il y a urgence. Les fonctionnaires n'en peuvent plus, il faut agir pour vraiment augmenter leur pouvoir d'achat et améliorer leurs conditions de travail.
♦ mauvais esprit ♦ 03.03.09 | 16h59
"Néanmoins, le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera probablement assez fortement en 2009" - J'adore le "PROBLABLEMENT"!!
♦ Emilio P. ♦ 03.03.09 | 17h02
bravo pour ce geste généreux envers les fonctionnaires.ET Merci d'avance pour la classe moyenne du secteur non protégé qui a perdu son travail, risque de le perdre , et continue de travailler sans faire grève en essayant d' assurer sa survie et celle du système. Elle mettra la main à la poche sans problème ! droite et gauche , meme combat pour plumer la volaille laborieuse mais silencieuse, pour combien de temps ?
♦ Nadine U. ♦ 03.03.09 | 17h35
Le pouvoir d'achat des hauts fonctionnaires augmentera certainement très vite, pendant que celui des petits fonctionnaires continuera de baisser.
♦ Professeur des universités ♦ 03.03.09 | 18h12
Qui croira Eric Woerth ? Les études sérieuses (par exemple celle-ci http://is.gd/lBLv) montrent que le pouvoir d'achat des fonctionnaires ne cesse de s'éroder(- .88% chaque année en moyenne, -20% pour les professeurs des universités entre 81 et 2004). A moins d'une forte déflation - que l'on ne souhaite pas -, aucune amélioration ne redressera cette tendance.
♦ Guy D. ♦ 03.03.09 | 18h59
Avec un déficit pareil, et les salariés du privé qui une fois de plus ne verront pas la couleur de la moindre augmentation, il faut donner l' exemple par un gel de rémunérations des fonctionnaires
♦ Marie-Odile C. ♦ 03.03.09 | 21h00
En Croatie, ce n'est pas le gel des rémunérations des fonctionnaires dont il est question, mais ce sont les politiques, gouvernement, parlementaires, élus locaux...à qui on demande de voter la baisse de leurs revenus... de 20 % je crois. Il ne faut pas que nos politiques aient honte de copier un petit pays ! En France on est grand ! Nos élus ne sont pas maso ! On préfère que les moins favorisés dérouillent !
♦ GEORGES D. ♦ 03.03.09 | 21h05
Connaissez-vous beaucoup de cadres du privé qui,à 50 ans(30ans de carrière)gagnent 25000 euros nets par an pour 45 a 50 heures de travail par semaine et sans avantages en nature(voiture etc)? Il y en a dans la Fonction Publique et plus particulièrement à la Poste...Alors toujours envieux de ces "fainéants"de fonctionnaires?
♦ mireille u. ♦ 03.03.09 | 21h17
Augmenter le pouvoir d'achat ce n'est pas augmenter les salaires mais baisser les prix. Ce qui profiterait à tous: salariés quel que soit le secteur, retraités, chômeurs... En augmentant les salaires, on laisse filer l'inflation mais on n'augmente pas le pouvoir d'achat car les prix augmentent aussi sec, c'est toujours ainsi que ça se passe.
♦ Alain P. ♦ 03.03.09 | 21h26
"garantie individuelle de pouvoir d'achat. On leur a versé en moyenne 700 euros." Ouais, rattrapage sur 3 ans , 103 euros brut, ça fait pas 700; ben oui pour des gens, pour qui le salaire salaire moyen est à 4.000 €, c'est normal (cf Copé).
♦ denis.fr ♦ 03.03.09 | 21h58
Oui, oui, un jour, peut-être.
♦ 03.03.09 | 22h11
Bel exemple d'info-intox. L'augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, ça concerne et ça concernera surtout les copains de l'autocrate qui sert la soupe à ceux qui lui servent de marchepied. Quant aux autres : 0,8% et des primes à la gueule du client, pendant que l'inflation réelle dépasse 1,2%Byzance!
♦ Gilbert P. ♦ 03.03.09 | 22h36
Une augmentation dans le cadre d'une grille indiciaire programmée sur toute la carrière n'est pas une revalorisation de salaire. Si on ne prend pas en compte l'inflation, quelqu'un au mm indice gagne moins que son collègue qui avait cet indice il y a deux, trois ... cinq ans. cqfd Quel mépris ! Un enseignant du premier degré ( catégorie A ) ne peut pas être payé au mérite, n'a pas de prime, il n'a qu'à regarder passer le train...
De quoi le bouclier fiscal est-il le nom ?
♦ JM Keynes. ♦ 03.03.09 | 23h47
Poudre aux yeux ! Les enseignants ont perdu près de 1% de pouvoir d'achat par an depuis 20 ans. Le budget de l'Elysée, lui, a été multiplié par 4 depuis l'arrivée de sarkozy! Autre remarque : la flambée des matières premières, pétrole, blé...avait conduit à une forte inflation sur les produits alimentaires. Le prix des matières premières s'est effondré depuis un an. Comment se fait-il que le prix de la baguette, du litre de lait et des autres produits alimentaires ne baisse pas d'un centime ?!?
♦ ftp-moi ♦ 04.03.09 | 00h14
L'essentiel,c'est de continuer à dresser une catégorie-les fonctionnaires,ces privilégiés,ces augmentés,ces nantis,ces fainéants-contre une autre-les salariés du public,exposés,pas protégés-afin qu'ils ne se dressent pas ensemble contre les rentiers,actionnaires,etc. Dresser aussi les travailleurs pauvres contre les chômeurs,les "Français de souche"(de cep?) contre les étrangers,les vieux contre les jeunes;que surtout ils ne se dressent pas ENSEMBLE contre ceux qui les exploitent.Vive la Sociale
♦ GÉRARD B. ♦ 04.03.09 | 00h18
@Emilio P. Vous avez raison, mais vous ne ferez jamais admettre à un fonctionnaire que la sécurité de son emploi s'assure sur la précarité des salariés du privé . On peut résumer la position de la fonction publique par la formule admirable d'un syndicaliste FO toulousain qui disait en parlant du privé: « Ils n'ont qu'à la fermer. Ce sont des assujettis». Au lieu de comparer les salaires mensuels, comparons les salaires horaires vrais, pauses et parlottes déduites. Révoltant.
♦ Tchaito ♦ 04.03.09 | 01h26
A Georges D, vous en connaissez beaucoup des salariés du privé qui soient assurés d'avoir un travail à vie, d'avoir un revenu sûr tout au long de leur vie, de ne pas avoir la peur de perdre leur boulot, d'être sur de ne jamais subir un licenciement, de ne jamais vivre une période de chomage, de ne jamais à avoir à chercher un job...
♦ Olivier T ♦ 04.03.09 | 02h00
Si ses prévisions sont aussi lucides, que celles de son pauvre président, qui a axé sa campagne sur la croissance! Allo ici la terre Mr Woerth!
♦ Philippe L. ♦ 04.03.09 | 02h27
Heureusement le salaire de M.Eric Woerth a subi une augmentation de plus de 30%.Vous voyez les fonctionnaires ne sont pas oubliés.De quoi vous plaignez vous.
♦ JPRA G. ♦ 04.03.09 | 03h17
La langue de bois est bien toujours là...
♦ Un cadre du privé @ Georges D. ♦ 04.03.09 | 03h48
Non, effectivement, ils ne sont pas nombreux à mon avis. Je connais personnellement un cadre de 32 ans qui gagne environ 45000 euros net par an (pour quelques 45 heures de travail effectif par semaine). Mais il n'est pas interdit d'aller travailler dans le privé après la fonction publique. La contrepartie de l'emploi à vie (maintenu en période de crise économique par exemple), c'est un salaire plus bas. Ou la contrepartie du risque de chômage, c'est un salaire plus haut.
♦ Armand D. ♦ 04.03.09 | 07h08
N'oublions pas pas que l'épouse de M. Woerth gère la fortune de Mme Bettencourt. De l'augmentation du pouvoir d'achat des petites gens ou des super-profits des super-fortunes qui l'emportera dans ses choix à votre avis? A laquelle de ces catégories a profité le paquet fiscal et le bouclier fiscal à votre avis?
♦ GEORGES D. ♦ 04.03.09 | 09h21
Le licenciement pour faute existe dans la fonction publique,cela s'appelle la révocation,le licenciement économique ne saurait tarder puisqu'une loi permet désormais à des fonctionnaires de pointer au chômage.Ceci pour permettre de se débarrasser des "fonctionnaires"de Fr.Tél ou de la Poste pour les remplacer par de jeunes pousses de statut "salarié".Que ceux qui se plaignent d'un manque de professionnalisme et d'une QS médiocre sachent qu'ils sont concomitants du changement de recrutement!
♦ Jojo de Paris ♦ 04.03.09 | 10h55
Bien sur M. Woerth ne pense pas aux retraités ( de la fonction publique éventuellement ) Et pourtant, selon certains, ce sont eux qui votent Sarko! Donc : les retraités se "rappelleront de cet oubli" aux prochaines élections européennes, présidentielles... etc! C'est la seule solution qui leur reste... Et ils ne sont pas tous atteints de la maladie d'Halzeimer!
♦ michel o. ♦ 04.03.09 | 12h25
Le système (bas salaire contre sécurité)pouvait être légitime il y a quelques années. Aujourd'hui à La Poste par exemple, le pilotage par la performance individuelle est le même que dans le privé. Les réorganisations incessantes et les suppressions d'emploi ont conduit à la création d'un marché interne de l'emploi pour ceux qui n'en ont plus. Pour quelque temps encore car les vagues de plans sociaux poussent de plus en plus les gens à la sortie.
♦ Nadine U. ♦ 04.03.09 | 15h52
Un petit exemple d'augmentation du pouvoir d'achat dans la fonction publique : "Le 20 octobre 2008, en présentant son plan de revalorisation des carrières, la ministre (de l'enseignement supérieur et de la recherche) avait annoncé que l'indemnité de charges administratives des présidents (d'universités) serait relevée (18.180,35 € actuellement) pour atteindre 25.000 à 40.000 euros." (source AFP)
♦ Alain P. ♦ 04.03.09 | 20h54
Bien vu super U, tous les fonctionnaires sont président d'une université.