Le corps électrique

 L es amateurs de science-fiction, celle des années 1950 et à 1980 environ, auront vu dans le titre une référence à un texte de Ray Bradbury, auteur plus ancien mais dont l'œuvre «classique» fut écrite pour l'essentiel entre 1955 et 1975. Je n'ai pas vraiment idée de ce que raconte la nouvelle «Je chante le corps électrique», qui donna son nom à un recueil (le titre original était le même: «I sing the body electric[1]»). Mais mon but ici n'est pas de faire de la science-fiction, je veux discuter d'une chose à laquelle on ne réfléchit guère hors des laboratoires s'occupant de physiologie et de biologie, et peut-être pas toujours dans ces lieux: que notre relation au monde est d'ordre électrique ou électronique.


Il y a quelques temps j'avais commencé un texte intitulé «Des êtres de lumière». Cela désignait les humains, et les êtres vivants en général. Je précise car pour certains le syntagme nominal “êtres de lumière” désigne des entités abstraites ou fantastiques (cela dépend du type d'imaginaire qu'on a) qu'on nomme dans des contextes chrétiens «anges», de divers autres noms ailleurs; plein de courants spirites, spiritualistes, New Age, “extra-terrestrialistes”, etc., ont aussi adopté l'expression pour un autre usage. Pour vous amuser (ou vous instruire) un brin, je vous conseille une visite sur le site Messages des Êtres de Lumière (avec Toutes les Majuscules Nécessaires) où l'on vous enseigne à faire «un long travail intérieur de chaque instant [pour] spiritualiser [votre] vie matérielle». On voit par ce site que contrairement à ce que croient les rationalistes purs et durs, les mouvements de type spirite, théosophique ou mesmériste sont assez loin de l'obscurantisme et du rejet de la modernité, et bien sûr, «non irrationnels». Ce qui n'en fait pas pour autant des groupes rationalistes ni même rationnels. Avant de les abandonner, voyez ce que nous disent les Amis des Êtres de Lumière:

«A l'heure où la planète se déchire, où les valeurs politiques, religieuses et morales tombent les unes après les autres, il est réconfortant de savoir qu'autour de nous, auprès de nous existent des Etres merveilleux prêts à nous aider, à nous soutenir dans nos épreuves. Mais ne croyez pas qu'il suffit de s'ouvrir à eux et de se laisser guider, ce n'est pas aussi simple que cela pour nous humains. Beaucoup de voiles devront se déchirer, beaucoup de croyances devront être abandonnées, beaucoup de doutes devront se surmonter et de peurs être éradiquées».

Si je vous avais présenté ça, au départ, comme un texte chrétien ou socialiste, ou bouddhiste, je ne suis pas certain que vous auriez pensé cela impossible. Vous savez, moi aussi je pense qu'«il est réconfortant de savoir qu'autour de nous, auprès de nous existent des Etres merveilleux prêts à nous aider», et le fait est que je ne cesse d'en rencontrer: ma famille, mes amis, mes voisins, les commerçants, les fonctionnaires qui m'aident dans mes démarches administratives, les travailleurs sociaux, etc. Même en y ajoutant la phrase suivante, ça reste encore très ordinaire, bien que moins socialiste dans son style, cette fois:

«C'est un long travail intérieur de chaque instant avant de pouvoir spiritualiser notre vie matérielle.. Chacun a son propre cheminement. Mille sentiers mènent au sommet de la montagne, vers la lumière».

Ce n'est qu'après que ça dévie:

«Les Etres de Lumière par leur enseignement répété sans cesse avec Amour, nous montrent une voie à parcourir. Grâce à Eux les portes de la Connaissance et de la Sagesse s'entrouvrent, et l'on s'aperçoit avec émerveillement que TOUT, enfin ce que notre conscience actuelle peut assimiler, prend place au sein d'un plan gigantesque et qu'il faut absolument reprendre contact avec la partie invisible de la vie, avec Dieu».

Par contre, le vocabulaire concernant la manière d'accéder à l'Enseignement des Êtres de Lumière est furieusement contemporain:

«C'est en 1984 que Monique est devenue canal après avoir été choisie en fonction de critères très spéciaux tels son refus d'un trop grand intellectualisme, son intégrité morale, sa grande neutralité religieuse.
Il faut entendre par canal quelqu'un qui peut établir un contact paranormal avec une entité existant hors de notre réalité de la 3ième dimension. Monique est aussi depuis son plus jeune âge un médium doué de capacités de psychométrie et de voyance (elle a subi une préparation spéciale par des Entités Spirituelles).
En channeling, elle entre en relation avec des plans très élevés ou se trouvent les Etres de Lumière, et dans cet état, elle peut transmettre un Enseignement Spirituel et philosophique qui s'adresse à l'humanité. Les Entités Spirituelles ou Etres de Lumière disent d'elle: "si nous avons choisi ce canal, c'est pour qu'elle ouvre les cœurs, pour qu'elle fasse prendre conscience à ses frères de la Terre de ce qu'ils sont réellement, pour leur faire prendre conscience de leur partie Divine, de leur réalité sur le plan cosmique". Devant l'importance considérable de l'enseignement reçu une association s'est constituée afin de pouvoir diffuser».

Le premier paragraphe renvoie au langage ordinaire de la «gestion des ressources humaines»: si les «critères très spéciaux» invoqués sont vraiment “très spéciaux”, le processus est celui habituellement invoqué pour le choix éminemment «optimal» des spécialistes du management; le deuxième paragraphe se calque sur les deux éléments les plus couramment invoqués pour expliquer le processus qui permit à une personne d'accéder à une situation éminente: le «don» (le talent inné) et la préparation poussée (le talent acquis) qui en fait «the right woman in the right place»; en outre, l'acquis des théories scientifiques du XX° siècle est intégré: les Êtres de Lumière ne sont pas des êtres “célestes” ou “d'un autre plan”, ce qui nous laisse sur nos dimensions, mais des entités «existant hors de notre réalité de la 3ième dimension»; le premier mot du dernier paragraphe, “channeling”, est tout aussi intéressant, car il renvoie à la théorie de l'information, chose on ne peut plus contemporaine et «scientifique». C'est ce mélange même entre scientisme formel, modernisme apparent et vieux fond spiritualiste qui fait l'attrait de ces courants de type spirite, ou de ceux “extra-terrestrialistes”, du genre raélisme: chacun peut y retrouver ses petits.

Bref, mon idée sur les «êtres de lumière» n'a rien à voir avec ces billevesées et se base sur un constat simple: un être vivant est une surface séparant deux univers, «milieu intérieur» et «milieu extérieur». À remarquer que “milieu” n'est pas un mot très adapté, je ne sais pas pourquoi les biologistes du XIX° siècle on métaphorisé cette notion par un terme si éloigné de la réalité à décrire. C'est ainsi, on fera avec et on parlera de “milieu”… Donc, une surface entre deux milieux. Plutôt hermétique mais pas entièrement, sinon la vie serait impossible. Bien sûr, d'un des deux milieux on peut dire qu'il «est» l'être vivant mais ça n'est pas si simple ni évident, quand on réfléchit à la question de manière approfondie il devient délicat de déterminer ce qui «est» ou non un individu, surtout avec des êtres organisés, et ce que Claude Bernard nomma proprement «milieu intérieur» est cette partie de l'organisme dont on ne peut strictement affirmer qu'elle participe de l'essence de l'organisme. Un individu comme vous et moi est une imbrication de «milieux» plongés dans un plus vaste milieu, l'univers global. Quoi qu'il en soit, on peut définir un individu, quelle que soit son organisation interne, comme une surface séparant deux milieux dont on peut considérer que l'un compose son entité et que l'autre est «le reste de l'univers». De là, on peut s'interroger sur la manière dont «le milieu intérieur» obtient des informations sur «le milieu extérieur» afin de déterminer quel sera le comportement le mieux adapté à une situation donnée. Et bien, la manière de parvenir à cela est de, disons, «observer les ondes».


Je n'ai rien contre les mystiques et les spirites, malgré tout mon orientation diverge beaucoup de la leur quand à ma manière d'appréhender la réalité; pour en reparler un peu, je n'ai pas exactement une perception de mon univers du genre que prétendent en avoir les mainteneurs du site sur «les Êtres de Lumière», il me semble d'une ordinarité définitive et j'imagine mal «une entité existant hors de notre réalité de la 3ième dimension. Enfin non, je puis justement l'imaginer, mais «hors de notre réalité», strictement hors d'elle. Le début du texte vous l'aura fait percevoir, je suis amateur de littérature de science fiction, mais justement, je fais la différence entre littérature et réalité. Il faut donc prendre mon assertion, le milieu intérieur obtient des informations sur le milieu extérieur en observant les ondes, de manière littérale.

L'univers est essentiellement ondulatoire. On peut discuter très longuement de la concrétude de l'univers matériel (les particules élémentaires et les atomes) et de fait les philosophes et les physiciens en discutent beaucoup, ça n'a guère d'importance quand on s'intéresse à ce qui s'échange entre particules et atomes: des «vibrations». Quand un atome transfère de l'énergie à un autre atome il le fait indirectement, il envoie une «onde d'énergie»; quand une particule élémentaire diffuse d'une concrétion à une autre elle le fait par le vecteur d'un «train d'ondes». Sauf accident, ce qui transite du milieu extérieur au milieu intérieur et inversement le fait quand il y a une adéquation entre la période ondulatoire, la «vibration», de ce qui va transiter entre ces milieux. Cela se fait sous deux formes: échanges de molécules et échanges d'ondes. La première est je crois suffisamment décrite: sur cette surface qui sépare les deux milieux il y a des points «perméables» (en fait, semi-perméables) qui n'acceptent de faire entrer ou sortir que des molécules d'une certaine conformation. Ils les identifient «électroniquement»: pour qu'une molécule passe, elle doit avoir exactement la bonne répartition d'électrons permettant de la reconnaître en tant que «passable». Comme la «signature électronique» requise est très complexe, il y a peu de chances ou de risques qu'autre chose que les molécules licites traversent. Ce n'est pas du 100%, preuve en est que pas mal de virus arrivent à leurrer les portiers, mais ça marche assez bien (c'est autre chose avec les bactéries qui passent la surface par un des accidents évoqués: un individu – mouche ou moustique par exemple – perfore la surface et les introduit dans le milieu intérieur, ou elles y entrent par une déchirure de la surface).

L'autre manière d'échanger entre les deux milieux est proprement vibratoire: dans le sens extérieur-intérieur une onde frappe la surface, des capteurs en contact ave elle la relaient vers des centres de conversion qui la transforment en «unités d'information»; dans l'autre sens, le centre de conversion reçoit des impulsions traitées auparavant par un centre de veille interne et les transmet vers des organes d'émission qui vont faire vibrer quelque chose dans le milieu extérieur. Les vibrations en question sont de quatre sortes, ou trois si l'on considère deux d'entre elles comme des cas particiers du même phénomène: température, lumière, vibration de l'air, frottement. Dans tous ces cas, les sensations obtenues sont d'ordre électrique ou électronique. C'est comparable à cette simulation d'être vivant qu'est un ordinateur: il a des points de contact avec le monde extérieur, desquels il reçoit des signaux parfois électriques, parfois électroniques; en arrière de ces points de contact des composants retraitent le signal pour le transformer en un signal électronique formalisé et l'envoient vers l'organe d'analyse et de réponse, le «processeur», qui est lui-même un organe complexe; après analyse, il y aura réponse (ou non) du processeur vers des organes périphériques qui convertiront cette réponse codée en action (affichage à l'écran, impression, activation d'un robot, son, inscription de données sur un disque, etc.[2]). Comparaison n'est pas raison: comme précisé dans la note 2, un être vivant n'est pas équivalent à un ordinateur, simplement il faut tenir compte que, comme les ordinateurs, les êtres vivants n'ont pas un rapport immédiat avec leur environnement, et notamment que l'organe de régulation de ce rapport est une sorte de «boîte noire» qui n'a qu'une relation différée, à deux ou trois niveaux, vers cette réalité extérieure, et même vers celle intérieure, les autres organes.

Quels intérêts de considérer cela ? Selon moi il y en a au moins deux: comprendre de manière effective et non pas conceptuelle que les sensations ne sont pas immédiates, que plusieurs fonctions en séquence aboutissent à la représentation que l'individu s'en fait; prendre en compte que, quelque perception qu'on en ait, toute sensation découle de la réception en périphérie d'une seule sorte de signal, une excitation électronique ou électrique de points sur la surface.

Certains points de la surface sont spécialisés pour encoder des cas particuliers d'excitation: densité de l'air (“audition”), composition et forme (“olfaction”) ou orientation, «PH» (“gustation”) de certaines molécules, longueur (ou «température») d'une onde électromagnétique dans un certain spectre de fréquence, dit «lumière» (“vue”), mais ce sont donc des cas particuliers d'un cas général: observer des différences dans un train de vibrations. Les seuls «organe de sens» dont on peut dire qu'ils obtiennent leurs informations indépendamment d'une relation directe avec le milieu extérieur sont celui qui permet à l'organisme de déterminer l'orientation relative de la tête par rapport au point d'attraction localement le plus important, disons, «le sens de l'équilibre», et celui qui permet d'apprécier la vitesse et l'angle de déplacement de la tête; certes ces sensations dépendent d'une information extérieure mais se construisent à partir d'un organe interne, «l'oreille interne», qui a une double fonction d'audition et donc, d'évaluation de la position et du mouvement de cet organe. Cette situation est liée à un phénomène courant chez les êtres vivants, l'économie: une partie de ces deux organes est commune. L'autre raison, mais liée à la première, vient de ce que l'organe d'audition est une dérivation tardive de celui de position, partagé par tous les vertébrés. La seconde raison est liée à la première car l'évolution se déroule précisément par l'adaptation progressive de fonctions existantes à de nouvelles fonctions, puisque la vie «travaille à l'économie», et utilise au maximum les capacités de chaque fonction.

Une spécificité des points de perception spécialisés est leur fragilité: la surface est parsemée de points de réception des sensations en un réseau assez dense, quoi qu'il le soit inégalement; les organes spécialisés en revanche, exception faite de celui pour la position et la translation, dépendent d'un capteur unique, ou au plus de deux: nerfs auditif, nerf visuel, nerf olfactif; si ce canal est rompu, la sensation ne parvient plus aux zones de traitement de la sensation. Autre fragilité, celle des organes de réception même: alors que les capteurs non spécifiques sont assez sommaires (une notion relative: une être vivant est en tous les cas un objet complexe, donc même un capteur «sommaire» sera déjà élaboré), ceux spécifiques sont composites et comportent, pour certains, des éléments qui peuvent assez facilement être endommagés, et ce dommage peut fortement ou complètement entraver l'organe entier; il y a aussi une détérioration à long terme de ces organes, due à leur usure, à l'usure générale de l'organisme, à la réduction de certains mécanismes biologiques liée à à l'âge: l'olfaction diminue avec le temps parce que les capteurs primaires, qui sont aussi des cellules, meurent et ne sont pas renouvelées; les diverses pièces qui composent le circuit auditif subissent une usure mécanique qui tend à réduire la qualité de la réception, en amplitude et en intensité; les muscles qui meuvent et pressent les yeux pour permettre l'accommodation visuelle se fatiguent et celle-ci se fait moins bien; etc.

Pour en revenir à mon idée première de «corps électrique», il faut donc se représenter un être vivant complexe, disons, un vertébré (bien que beaucoup d'invertébrés soient eux aussi assez complexes), comme recevant ses sensations d'une manière assez uniforme et les relayant vers le ou les «centre(s) de veille» en trois ou quatre étapes, chacune faisant un travail de translation et de réduction ou d'amplification du signal. Ce que reçoit le centre de veille n'a donc rien à voir avec le signal initial. Prenez le cas de l'image réalisée au niveau du centre de veille: une vue plane, stable, «à l'endroit» (c.-à-d. qui apparait telle que la réalité vérifiable est positionnée relativement à soi), globale, composée de multiples nuances de couleurs, etc., ce qui est une reconstruction totale par rapport à ce que l'œil reçoit réellement: une vue concave, inversée, constituée d'une myriade de points, composite, avec des capteurs différenciés pour plusieurs groupes de longueurs d'ondes, etc. Pour l'audition il en va de même: au départ on a un signal qui rend donc compte de différences rapides de la pression de l'air, lesquelles produisent des phénomènes vibratoires assimilables à un onde et d'ailleurs, analysés comme tels par l'appareil auditif; au cours du trajet vers le centre de veille, ce signal est retraité et simplifié, certains éléments «non significatifs» sont éliminés ou traités comme étant un «bruit», soit au sens ordinaire, soit à celui de la théorie de l'information, un son qui ne contribue pas à compréhension de ce qu'on entend, un son «parasite»; au niveau de pré-traitement, juste avant la transmission au centre de veille, les sensations reçues sont classées en catégories identifiables et redirigées vers tel ou tel sous-ensemble du centre de veille, selon leur catégorie: «bruit non significatif», «bruit significatif», «parole», «musique», etc.

L'idée générale sur les organes de sens – mais non celle des personnes qui étudient leur fonctionnement ou le traitement des signaux qui en viennent par le système neuronal – est qu'ils transmettent vers le centre de veille une représentation assez fidèle de ce dont ils traitent; la réalité est tout autre. L'idée second est qu'au niveau de de centre on a une «image» (sonore, tactile, olfactive, etc.) assez fidèle de ce que ces organes transmettent, ce qui est très faux. La «sensorialité» est un tout, et les représentations que nous nous faisons de notre environnement ne sont pas une «image mentale» constituée directement à partir de ce que recueille tel ou tel organe de sens.


[1] Toute imperfection se corrige, et pour qui cela intéresserait voici l'argument de la nouvelle: suite au décès de son épouse, un homme décide d'acheter une «grand-mère électrique» à l'entreprise Fantoccini, Ltd, pour qu'elle s'occupe de ses trois enfants. Bien qu'elle soit la grand-mère parfaite, elle ne parvient pas à s'attacher l'affection d'un des enfants, mais finit par comprendre que le blocage vient de sa crainte qu'elle meure à son tour, comme sa mère. Elle parvient (va savoir comment) à «prouver son immortalité», la gamine est rassurée et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (malgré tout, un monde curieux où les vieux survivent aux jeunes…).
[2] Incidemment, vous avez du entendre comme moi (voire, contrairement à moi, émettre) cette comparaison idiote entre ordinateurs et cerveaux, le cerveau «fonctionne comme» une ordinateur. Si même cette comparaison avait un sens, ce serait à l'inverse: les modèles logiques et mathématiques à l'origine des ordinateurs sont précisément une tentative de simulation du fonctionnement formel de ce qu'on peut appeler la démarche réflexive: comment transformer un signal d'entrée en «pensée» et une «pensée» en action de sortie. Puis un ordinateur n'est pas un cerveau mais un individu complet: un processeur ne «pense» pas par lui-même et our lui-même, il a besoin d'une instruction extérieure pour savoir quoi et comment «penser», et ne le fait que dans le but d'obtenir une réponse, soit vers l'extérieur, soit vers un autre organe. Enfin, un cerveau, en tout cas un cerveau humain, ne fonctionne pas du tout de la manière dont le fait un ordinateur, celui est un modèle rudimentaire de ce fonctionnement, bien moins efficace et complexe. Entre autres, la plupart des ordinateurs, ceux dont on parle généralement, n'ont d'évidence pas l'adaptabilité conceptuelle d'un humain. Ce n'est pas vrai de tous, mais pour l'heure, si on veut obtenir un mathématicien de haut niveau, ça coûte nettement moins cher de faire un enfant et de l'éduquer en ce sens…